L’interoception désigne la capacité à percevoir l’état interne de son propre corps et à ressentir ses émotions en étant attentif aux signaux physiques qu’il émet.
L’exemple qui devrait vous parler, est celui des « papillons dans le ventre » que l’on ressent souvent lors d’une nouvelle rencontre amoureuse. Cette sensation survient au tout début de la nouvelle relation, lors du second rendez-vous, voire même juste avant la première rencontre quand tant de choses sont déjà passées par la simple correspondance.
Vous n’avez rien rationalisé, vous n’avez jamais formulé vos sentiments, ni à vous-même ni aux autres, mais le corps lui, sait déjà. Il vous adresse ce ressenti intérieur si particulier, ce frémissement physique caractéristique de l’émoi amoureux qui se dessine et de l’excitation et de l’émotion que cela vous procure.
Être à l’écoute de son corps permet d’approfondir la connaissance de soi
Accélération du rythme cardiaque, mains moites, vison qui se floute, gorge nouée, fourmillements, ou au contraire, respiration profonde, marche plus lente : les signaux peuvent provenir de toutes les parties du corps, des intestins aux poumons, et tous les mouvements du corps, même les plus subtils, expriment quelque chose de notre vécu émotionnel.
Percevoir ces signaux corporels va nous permettre de reconnaître nos émotions, de les exprimer et de mieux les comprendre.
Cela peut aussi nous aider à identifier quel type de situation nous met en état de tension ou d’inconfort, ce que nous assimilons à un danger, ou au contraire, ce qui nous procure un bonheur sincère.
Il s’agit d’une conscience physiologique de soi, d’une autre manière de se découvrir.
Chez les sportifs, ces signaux corporels sont de précieux indicateurs de l’état de forme mentale : stress de compétition, surcharge émotionnelle, perte de confiance ou au contraire alignement, fluidité et disponibilité intérieure. Apprendre à les reconnaître, c’est déjà s’entraîner mentalement.
En effet, l’intérêt de ce sixième sens, c’est ensuite la possibilité d’en faire un outil de régulation: pour ajuster nos comportements à partir de ce que le corps nous indique, éviter certains contextes, ou les aborder différemment — en nous y préparant mieux, ou en mettant en place une réponse corporelle permettant d’apaiser la nervosité, plutôt que de la subir.
Dans le sport, identifier les moments de tension et de stress permet de mieux gérer la compétition et de mettre en place des routines de concentration pour traverser les phases les plus exigeantes et les plus stressantes de l’entraînement comme de la compétition.
Les pratiques pour développer l’intéroception
Développer cette sensibilité – intéroceptive – aux signaux internes du corps commence par un changement d’attitude à soi en portant une attention nouvelle à son corps pour recréer la connexion corps-cerveau.
En effet, nous vivons dans une culture où l’on a dissocié le corps de l’esprit, et où le corps est souvent perçu comme un simple objet de performance ou de culte. Il est sculpté à coups de séances de sport, non pas pour l’habiter, mais souvent dans l’unique but de produire de la dopamine ou d’entretenir une image conforme aux standards de beauté dominants.
Dans le sport de haut niveau, le corps est l’instrument de travail au service de la performance. Dans ce contexte, on le pousse à dépasser ses limites et on l’écoute peu.
Toutefois, transformer son rapport au corps passe par d’autres pratiques qui renforcent la conscience corporelle et permettent une nouvelle perception de soi-même.
C’est précisément là que la sophrologie prend tout son sens : grâce aux exercices de scan corporel, aux techniques de respiration et aux pratiques visant à renforcer l’équilibre et l’harmonie corps–esprit, elle permet d’affiner ce sixième sens, d’apprendre à écouter ses sensations avec justesse et d’en faire un véritable outil de régulation du stress et de la performance sportive.
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